Honoré Harmand

Posté le 11 février 2009

Eh quoi toujours bercé par les flots du malheur
Mon esquif ira-t-il emportant ma douleur
Vers le même horizon
Et n’aurai-je ici-bas pour consoler mes larmes
Que ma philosophie et de sombres alarmes
Pour guider ma raison.

N’aurai-je pour tout bien qu’une lyre plaintive
Pour toujours regretter la gaieté fugitive
Et le plaisir qui passe
Et verrai-je toujours le bonheur s’effacer
Comme tous les mortels ai-je droit de l’aimer
Et de suivre sa trace.

N’aurai-je qu’à pleurer mes tendres souvenirs
Et dans mon coeur meurtri, verrai-je les désirs
Trop vite consumés
Jeter leur fiel brutal et leur longue souffrance
Ou bien ai-je encor droit à la douce espérance
Qui plait aux affligés.

Eh si j’avais osé braver la loi suprême
Dans les ordres divins concentrer le blasphème
J’eus compris la sentence
Qui frappe sans pitié tous les usurpateurs
D’une loi qui punit de ses foudres vengeurs
La désobéissance.

Je n’ai rien demandé aux plaisirs ici bas
Je n’ai rien accepté de la part des combats
Qui revient au guerrier.
Je voulais seulement dans mon petit domaine
Loin de la médisance encor plus de la haine
Voir mes jours s’écouler.

Je voulais dans le sein d’une épouse chérie
Goûter tout le bonheur que procure la vie
Aux douces hyménées
Je voulais le baiser d’un enfant qu’on ador
Et sur sa tête chère aux épais cheveux d’or
Voir passer les années

Je voulais les frissons du suprême bonheur
Le Destin me donna comme consolateur
La Plainte qui fait mal
Il me faut l’embrasser comme une douce amante
Il me faut retenir sur ma lèvre brûlante
Son murmure fatal.

Je ne demandais rien qu’un peu de jouissance
Un peu de cette joie où le rire et l’aisance
Se disputent une place.
Mais j’ai reçu les pleurs la tristesse en retour
C’est peu pour adoucir l’amertume d’un jour
Où la gaieté s’efface.

Pourquoi me frappez-vous aussi injustement
Quel crime ai-je commis pour un tel châtiment
Que serait la sentence ?
M’élevant contre vous, si j’osais proclamer
Que vous êtes des dieux faits pour vous amuser
Des lois de l’existence

Mais j’ai peur que la foudre qui gronde dans vos mains
Se répande et entraîne dans ses flots inhumains
Ma dernière chimère
Peut-être mes insultes excitant vos projets
Grossiraient follement la source des regrets
Qu’exhale ma colère

Peut-être que la joie qui passe dans mon coeur
Est un bienfait perdu et qui vient par erreur
Me parler d’espérance
En frappant lentement la douleur la plus vive
Peut-être enfantiez-vous la gaieté fugitive
Pour grandir ma souffrance.

Eh ! Pourquoi prodiguer votre rage incertaine
Que frappez-vous en moi une chimère humaine
Un corps qui fut votre oeuvre
Pourquoi cette harmonie et pourquoi de grand art
Pourquoi donc enfanter si quelques ans plus tard
Vous brisez le chef d’oeuvre.

Il vous plaisait sans doute, aujourd’hui de construire
D’adorer vos travaux et demain les détruire
Quelle étrange folie
Ah je comprends pourquoi nos plaintes opportunes
Et nos menaces vaines, nos grandes infortunes
Sont les lois de la vie.

Je n’irai plus jamais importuner le sort
Dans cette vie infâme l’homme n’a point de port
Il ne fait que passer.
Ô mort délivres-moi de ces fers qui m’enchaînent
Laisse moi m’éloigner sur tes flots qui m’entraînent
Où tout doit s’effacer.

5 commentaires pour « Honoré Harmand »

  1.  
    11 février, 2009 | 21:03
     

    Merci pour cette découverte. Je ne saurais jamais faire d’aussi long texte en poèsie et aussi beau. Biqses. Tendresse

  2.  
    11 février, 2009 | 22:44
     

    Oui, très belle poésie qui dit bien tout ce que l’on peut ressentir au fond de nous même, chacun s’y retrouve un peu.
    Gros bisous et A+
    Amicalement
    Tritriva

  3.  
    12 février, 2009 | 18:33
     

    Bonjour, Jade, c’est vr

  4.  
    12 février, 2009 | 18:36
     

    Bonjour, Jade, très beau texte, à méditer
    Bonne soirée à toi
    Bises
    Suzanne

  5.  
    20 février, 2009 | 22:01
     

    bonsoir jade,
    en effet joli poeme ou l’on se retrouve un peu
    bonne soirée amicalement

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