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Archive pour avril 2009

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Aimer, c’est n’avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.



Degas

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Jeux d’écriture

Un lipogramme est un texte dans lequel l’auteur s’interdit d’utiliser une ou plusieurs lettres de l’alphabet…
(Le roman « la Disparition » est un célèbre lipogramme de Georges Perec)

« Là où nous vivions jadis, il n’y avait ni autos, ni taxis, ni autobus : nous allions parfois, mon cousin m’accompagnait, voir Linda qui habitait dans un canton voisin. Mais, n’ayant pas d’autos, il nous fallait courir tout au long du parcours ; sinon nous arrivions trop tard : Linda avait disparu.
Un jour vint pourtant où Linda partit pour toujours. Nous aurions dû la bannir à jamais ; mais voilà, nous l’aimions. Nous aimions tant son parfum, son air rayonnant, son blouson, son pantalon brun trop long ; nous aimions tout.
Mais voilà tout finit : trois ans plus tard, Linda mourut; nous l’avions appris par hasard, un soir, au cours d’un lunch. »



La Poésie lyrique de Théodore de Banville

     Près du clair Ilissos au rivage fleuri
      L’indomptable Thésée a vaincu les guerrières.
      Mourantes, leurs chevaux les traînent dans les pierres:
      Pas un de ces beaux corps qui ne râle meurtri.

      Le silence est affreux, et parfois un grand cri
      L’interrompt. Sous l’effort des lances meurtrières,
      On voit des yeux, éteints déjà, sous les paupières
      S’entr’ouvrir. Tout ce peuple adorable a péri.

      Antiope blessée, haletante, épuisée,
      Combat encor. Le sang, ainsi qu’une rosée,
      Coule de ses cheveux et tombe sur son flanc.

      Sa poitrine superbe et fière en est trempée,
      Et sa main, teinte aussi dans la pourpre du sang,
      Agite le tronçon farouche d’une épée.



 » Just  » c’est drôle ;)

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J’ai honte, j’avoue ;)



C’est tous mes doutes qu’il apaise ;)

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( femmes )

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Antonin Artaud

J’ai besoin, à côté de moi, d’une femme simple et équilibrée, et dont l’âme inquiète et trouble ne fournirait pas sans cesse un aliment à mon désespoir. Ces derniers temps, je ne te voyais plus sans un sentiment de peur et de malaise. Je sais très bien que c’est ton amour qui te fabrique tes inquiétudes sur mon compte, mais c’est ton âme malade et anormale comme la mienne qui exaspère ces inquiétudes et te ruine le sang. Je ne veux plus vivre auprès de toi dans la crainte. J’ajouterai à cela que j’ai besoin d’une femme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure. Je suis désespéré de solitude. Je ne peux plus rentrer le soir, dans une chambre, seul, et sans aucune des facilités de la vie à portée de ma main. Il me faut un intérieur, et il me le faut tout de suite, et une femme qui s’occupe sans cesse de moi qui suis incapable de m’occuper de rien, qui s’occupe de moi pour les plus petites choses. Une artiste comme toi a sa vie, et ne peut pas faire cela. Tout ce que je te dis est d’un égoïsme féroce, mais c’est ainsi. Il ne m’est même pas nécessaire que cette femme soit très jolie, je ne veux pas non plus qu’elle soit d’une intelligence excessive, ni surtout qu’elle réfléchisse trop. Il me suffit qu’elle soit attachée à moi. Je pense que tu sauras apprécier la grande franchise avec laquelle je te parle et que tu me donneras la preuve d’intelligence suivante : c’est de bien pénétrer que tout ce que je te dis n’a rien à voir avec la puissante tendresse, l’indéracinable sentiment d’amour que j’ai et que j’aurai inaliénablement pour toi, mais ce sentiment n’a rien à voir lui-même avec le courant ordinaire de la vie. Et elle est à vivre, la vie. Il y a trop de choses qui m’unissent à toi pour que je te demande de rompre, je te demande seulement de changer nos rapports, de nous faire chacun une vie différente, mais qui ne nous désunira pas.

Extrait de »L’ombilic des Limbes, Le pèse nerfs »,



Guy de Maupassant

Quand on entre dans l’Amour, il semble qu’on s’élargit. Une félicité surhumaine vous envahit. Sais-tu pourquoi ? Sais-tu d’où vient cette sensation d’immense bonheur ? C’est uniquement parce qu’on s’imagine n’être plus seul. L’isolement, l’abandon de l’être humain paraît cesser. Quelle erreur !
    Plus tourmentée encore que nous par cet éternel besoin d’amour qui ronge notre coeur solitaire, la femme est le grand mensonge du Rêve.
    Tu connais ces heures délicieuses passées face à face avec cet être à longs cheveux, aux traits charmeurs et dont le regard nous affole. Quel délire égare notre esprit ! Quelle illusion nous emporte !
    Elle et moi, nous n’allons plus faire qu’un, tout à l’heure, semble-t-il ? Mais ce tout à l’heure n’arrive jamais, et, après des semaines d’attente, d’espérance et de joie trompeuse, je me retrouve tout à coup, un jour, plus seul que je ne l’avais encore été.

 Solitude. Texte publié dans Le Gaulois du 31 mars 1884, puis publié dans le recueil Monsieur Parent.

 



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