Catégorie

Archive pour la catégorie « lectures »

L’indifférence, une fuite ?

( lectures )

L’indifférence, une fuite ? Est-elle une façon d’éviter la rencontre de l’autre, une forme de cynisme où personne ne compte à part soi ? Est-elle au contraire un détachement à l’égard des sollicitations du monde qui permet d’aimer vraiment ? Odon Vallet rappelle que, contrairement à ce que l’on pense, les religions orientales ne prônent pas l’indifférence, mais plutôt le détachement et la sérénité.
Pour Alain Houziaux, l’indifférence, qui n’est pas ignorance de l’autre, peut permettre de se libérer de la volonté de puissance. Bertrand Vergely précise, quant à lui, que pour n’être indifférent à rien, on manifeste parfois une sensibilité à tout qui peut mener à l’indifférenciation : on confond alors désir et amour – voire culpabilité et innocence. L’indifférence ne se confond pas avec la sérénité, avance Sophie Mijolla-Mellor.
Il est vain de penser un monde sans angoisse et sans espoir. En revanche, éprouver la jouissance d’un retour au calme après la tempête a du sens.

 

L’indifférence, une fuite ? Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit



André Gide « La symphonie Pastorale »

( lectures )

Le pasteur d’un petit pays du Jura Suisse, entreprend d’écrire un journal retraçant l’histoire d’une jeune aveugle, Gertrude, « âme pieuse » , qu’il avait recueilli deux ans et six mois auparavant. L’enfant s’éveille au langage, à la sensibilité, à l’intelligence, grâce au dévouement passionnel du pasteur qui la guide vers la voie spirituelle. A travers une audition de La Symphonie pastorale de Beethoven, elle imagine le monde réel. Mais en réalité, au fur et à mesure que la jeune fille grandit, l’amour que lui porte son « père adoptif » change. Celui-ci ne s’aperçoit pas d’un sentiment qu’ont deviné sa femme Amélie et son fils Jacques, qui est lui aussi amoureux de Gertrude. Cette dernière va vivre chez une personne charitable, Melle Louise de la M… Jacques s’efface après avoir provoqué l’emportement et la fureur de son père, mais une certaine tension persiste entre les deux, accrue par un désaccord religieux. Ayant appris que son fils le désapprouve, le pasteur reste troublé : il comprend enfin la nature de ses sentiments pour Gertrude, mais ne sait comment réagir face aux marques d’affection portées par la jeune fille. Grâce à une opération, celle-ci recouvre la vue mais comme elle ne supporte pas la tristesse du monde, elle préfère mourir après avoir confessé au pasteur que c’est Jacques qu’elle aime. S’étant converti au catholicisme, comme Jacques, elle ne pouvait plus l’épouser car celui-ci était entrer dans les ordres. Le pasteur reste seul avec sa femme, « j’aurais voulu pleurer, mais je sentais mon cœur plus aride qu’un désert. ».

Pour la Miss , j’aime beaucoup ce livre … peut être j’aurais aimé l’écrire …



pleurer ne sert a rien

( lectures )

Image de prévisualisation YouTube

c’est ce que je disais à mes copines !



le voile noir

( lectures )

J’avais pensé, logiquement, dédier ces pages à la mémoire de mes parents – de mon père, surtout, l’auteur de la plupart des photos, qui sont la base et la raison d’être de ce livre. Curieusement, je n’en ai pas envie. Leur dédier ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse. Je n’ai jamais déposé une fleur sur leur tombe, ni même remis les pieds dans le cimetière où ils sont enterrés. Sans doute parce que obscurément je leur en veux d’avoir disparu si jeunes, si beaux, sans l’excuse de la maladie, sans même l’avoir voulu, quasiment par inadvertance. C’est impardonnable. Mon père fit ces photos. Je les trouve belles. Il avait, je crois, beaucoup de talent. J’avais depuis des années l’envie de les montrer. Parallèlement, montait en moi la sourde envie d’écrire, sans avoir recours au masque de la fiction, sur mon enfance coupée en deux. Ces deux envies se sont tout naturellement rejointes et justifiées l’une l’autre. Ces photos sont beaucoup plus pour moi que de belles images, elles me tiennent lieu de mémoire. J’ai le sentiment que ma vie a commencé le jour de leur mort – il ne me reste rien d’avant, d’eux, que ces images en noir et blanc

 DUPEREY Anny

Les années de silence lui ont permis d’éloigner le désespoir stérile et la complaisance.



Alain D’Elène

( lectures )

…Et j’écrivis sans doute , pages et pages …inoubliables sans doute de cette étrange humeur qui me tenait vainqueur … des pages, seulement j »écrivis et je suis page, inoubliable sans doute .



Alain D’Elène

( lectures )

suite 2

Dans le temps muet, où plus rien ne résonne, il est une tonalité qui vague à ma mémoire; c’est une aspérité dans les siècles, la ponctuation dernière dans l’histoire des hommes, c’est un prénom qui me revient, …Bodilis. C’est le nom de cette femme, et qui n’existe pas, seulement parfois dans le parfum vocal qui se prenait de nous. Le nom lui-même est bien réel je crois , Bodilis, et coule comme de l’eau, claire, que l’on arrêterait de la main, et que la main n’arrête pas. C’est un nom dérobé; je l’ai pris à une gitane qui portait dans les cheveux les couleurs de la nuit, tandis que les chants montaient dans les rires des femmes et les voix lourdes des hommes…

J’ai attendu Bodilis, longtemps, au delà même du temps qui me renvoyait parfois la lueur du soleil, comme si les astres eussent reflété à l’infini les couleurs de ses cheveux, couleur de mon royaume, écu de mon errance.



Alain D’Elène

( lectures )

 suite

Ce n’est pas exactement une énigme, une trace seulement, blanche, définitive pourtant, qui me surprend quelquefois quand je songe au cours improbable, de la succession des cycles du temps.Elle désigne le chemin, non pas tant celui de ma mort, de ma transformation en page d’encre tracée,…que celui plus étrange, de dire mon histoire.Il est une force cependant, ultime, qui m’a accompagné à cette orée futile où s’estompent les gestes et c’est, je le sens bien, le poids de mon sépulcre. J’ai tout vécu, et suis posthume; se ferme le cercle quand je vais dire mon histoire,…mais mon regard encore s’attarde à ces hiéroglyphes qui se couchent sur le papier et j’y découvre, stupéfait, une écriture qui est la mienne. Je suis page.



Alain D’Elène

( lectures )

 » Ceci est mon histoire. Je suis mort ce matin, et me semblent étranges ces lignes que je me vois écrire: je suis mort ce matin. C’était un dimanche; je crois me souvenir, quand répondent les sons à ce besoin que j’ai de dire … que c’était dimanche. Le soleil, je me rappelle, débordait sur le monde, l’élargissait, et j’étais seul dans cette chambre où je me reverrai toujours , image dernière dans le miroir cerclé de noir. Je suis mort ce matin , et demeure une énigme qui lentement m’étreint , se serre à mes paupières; mais quel est-il le chemin et quels sont-ils ces rivages où meure la mémoire… « 



solitude Guy de Maupassant

( lectures )

C’était après un dîner d’hommes. On avait été fort gai. Un d’eux, un vieil ami, me dit :
    - Veux-tu remonter à pied l’avenue des Champs-Élysées ?
    Et nous voilà partis, suivant à pas lents la longue promenade, sous les arbres à peine vêtus de feuilles encore. Aucun bruit, que cette rumeur confuse et continue que fait Paris. Un vent frais nous passait sur le visage, et la légion des étoiles semait sur le ciel noir une poudre d’or.
    Mon compagnon me dit :
    - Je ne sais pourquoi, je respire mieux ici, la nuit, que partout ailleurs. Il me semble que ma pensée s’y élargit. J’ai, par moments, ces espèces de lueurs dans l’esprit qui font croire, pendant une seconde, qu’on va découvrir le divin secret des choses. Puis la fenêtre se referme. C’est fini.
    De temps en temps, nous voyions glisser deux ombres le long des massifs ; nous passions devant un banc où deux êtres, assis côte à côte, ne faisaient qu’une tache noire.
    Mon voisin murmura :
    - Pauvres gens ! Ce n’est pas du dégoût qu’ils m’inspirent, mais une immense pitié. Parmi tous les mystères de la vie humaine, il en est un que j’ai pénétré : notre grand tourment dans l’existence vient de ce que nous sommes éternellement seuls, et tous nos efforts, tous nos actes ne tendent qu’à fuir cette solitude. Ceux-là, ces amoureux des bancs en plein air, cherchent, comme nous, comme toutes les créatures, à faire cesser leur isolement, rien que pendant une minute au moins ; mais ils demeurent, ils demeureront toujours seuls ; et nous aussi.
    On s’en aperçoit plus ou moins, voilà tout.

(suite…)



_______

( lectures )

Le suicide est-il un duel avec un adversaire désarmé?



1...345678