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Archive pour la catégorie « poésies »

Félix ARVERS

( poésies )

Ospitalita

Dans des vers immortels que vous savez sans doute,
Dante acceptant d’un prince et le toit et l’appui,
Des chagrins de l’exil abreuvé goutte à goutte,
Nous a montré son coeur tout plein d’un sombre ennui ;
Et combien est amer, pour celui qui le goûte,
Le pain de l’étranger, et tout ce qu’il en coûte
De monter et descendre à l’escalier d’autrui…
Moi, qui ne le vaux pas, j’ai trouvé mieux que lui.
Ici, malgré ces vers de funèbre présage,
J’ai trouvé le pain bon, et meilleur le visage,
Et l’opulent bien-être et les plaisirs permis.
C’est que Dante, égaré dans des sphères trop hautes,
Avait un protecteur, et que moi j’ai des hôtes ;
C’est qu’il avait un maître et que j’ai des amis.



Stéphane Mallarmé

( poésies )

De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie
A travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

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Guillaume Apollinaire

( poésies )

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé
Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule



La liberté

( poésies )


Jacques Prévost ( Extraits)

La Liberté,

Ce n’est pas partir, c’est revenir,
Et agir,
Ce n’est pas prendre, c’est comprendre,
Et apprendre,
Ce n’est pas savoir, c’est vouloir,
Et pouvoir,
Ce n’est pas gagner, c’est payer,
Et donner,
Ce n’est pas trahir, c’est réunir,
Et accueillir.
-
La Liberté,

Ce n’est pas s’incliner, c’est refuser,
Et remercier,
Ce n’est pas un cadeau, c’est un flambeau,
Et un fardeau,
Ce n’est pas la faiblesse, c’est la sagesse,
Et la noblesse,
Ce n’est pas un avoir, c’est un devoir,
Et un espoir,
Ce n’est pas discourir, c’est obtenir,
Et maintenir.
-
Ce n’est pas facile,
C’est si fragile,
La Liberté,



Edouard GRENIER

( poésies )

La brise fait trembler sur les eaux diaphanes
Les reflets ondoyants des palais radieux ;
Le pigeon bleu se pose au balcon des sultanes ;
L’air embaumé s’emplit de mille bruits joyeux ;
Des groupes nonchalants errent sous les platanes ;
Tout rit sur le Bosphore, et seuls les elkovans
Avec des cris plaintifs rasent les flots mouvants.

Ô pâles elkovans, troupe agile et sonore,
Qui descendez sans trêve et montez le courant !
Hôtes doux et plaintifs des ondes du Bosphore,
Qui ne vous reposez comme nous qu’en mourant !
Pourquoi voler ainsi sans cesse dès l’aurore,
Et d’Asie en Europe, et de l’aube au couchant,
Jeter sans fin ce cri monotone et touchant ?



Туман

( poésies )

Brouillard, brouillard, le brouillard m’a enveloppé 

Seulement il ne lui est pas donné de réchauffer 

Brouillard, Brouillard, le Brouillard a tout mélangé 

Et sans toi, les routes, je ne peux discerner 

(suite…)



Alain D’Elène

( poésies )

 C’est un étrange endroit

Plus loin que la solitude

c’est un étrange poids

qui accompagne enfin

les voix de mon ampleur,

en cet étrange endroit

plus loin que solitude

où se perdent les voix

et qui jamais ne meurent,

c’est le prix du silence

le poids de mes paroles

pour personne et pour rien

qui crée la résonance

de cet étrange endroit

plus loin que solitude,

car n’est personne enfin

qui sache dans ma voix

plutôt que le poids

ni plutôt que les heures,

…qu’il est étrange cet endroit.

«  Je suis mort ce matin  »  Ed. Le Temps Singulier , page 23



Michaïl Lermontov

( poésies )
Quand je te vois sourire,
Mon coeur s’épanouit,
Et je voudrais te dire,
Ce que mon coeur me dit!
 Alors toute ma vie
A mes yeux apparaît;
Je maudis, et je prie,
Et je pleure en secret.
Car sans toi, mon seul guide,
Sans ton regard de feu
Mon passé paraît vide,
Comme le ciel sans Dieu.
Et puis, caprice étrange,
Je me surprends bénir
Le beau jour, oh mon ange,
Où tu m’as fait souffrir!…


Demain, dès l’aube…

( poésies )
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo



Antoine Pol

( poésies )

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu’on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu’on connaît à peine
Qu’un destin différent entraîne
Et qu’on ne retrouve jamais

(suite…)



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